C’est un chef-d’œuvre de notre patrimoine : l’abbatiale de Souillac. Célèbre pour ses trois coupoles, qui ont fait rayonner cette petite ville du Lot dans le monde entier, le bâtiment est classé monument historique depuis 1840. Malheureusement, avec le temps, elle s’est dégradée. Des travaux viennent de débuter pour lui donner une seconde jeunesse.
Un projet ambitieux pour redonner son éclat
Pour une commune de 4 000 habitants, c’est un vaisseau amiral qui ne passe pas inaperçu. Un joyau de l’art roman qui s’est donné cinq ans pour retrouver tout son éclat. Sur les toits de l’abbatiale Sainte-Marie de Souillac, dans le Lot, les couvreurs s’activent. Il faut consolider l’étanchéité du toit avec des plaques de plomb. Pour l’équipe en charge des travaux, il était plus que temps. « Il y a des fuites, et quand il y a des fuites, on perd les décors. […] Architecte, ça veut dire faire des toits. Donc on commence par les toits », explique Jean-Louis Rebière, architecte des monuments historiques.
Une histoire marquée par le temps
Ces coupoles en enfilade ont fait la renommée de l’abbatiale, avec leur couverture en lauze, une pierre calcaire locale. Mais l’ensemble de l’édifice, bâti au XIIe siècle et maintes fois remanié, a souffert du temps qui passe. Derriére un immense échafaudage, une autre phase du chantier commence. Après avoir travaillé sur Notre-Dame, Nicolas Plasson, ingénieur d’études pour la société Socra, ausculte la pierre avec son microscope miniature : « On a des vestiges d’ocre rouge, d’ocre jaune sur les pelages, sur les oreilles. Par exemple, ici, on a l’intérieur d’une oreille qui est rouge, qui est rouge très clair. Mon métier, c’est de rechercher tous les vestiges anciens qui sont encore présents et qui peuvent permettre de mieux comprendre la sculpture et la peinture à cette époque-là. »
Une occasion unique de découvrir un trésor
Pour les bénévoles qui soutiennent le chantier, c’est une occasion unique de s’approcher d’un trésor. Ces sculptures racontent comment le moine Théophile a pactisé avec le diable qui lui serre la main. « La fin de l’histoire, vous l’avez ici : pendant qu’il dort, il veut se repentir et il implore la Vierge Marie de le délivrer du pacte signé avec le diable. C’est remarquable. Quand on voit le détail des sculptures, regardez les chevelures, regardez les yeux, le nez », nous montre Serge Mazet, de l’association des « Amis d’Alain Chastagnol ».
Un accès privilégié et des besoins financiers
L’ensemble sera restauré. Pendant les travaux, l’édifice reste accessible aux visiteurs, attirés par la quiétude du lieu : « Quand on entre à l’intérieur, on est saisi par quelque chose, par le poids de son histoire, quelque part, et sa simplicité, sa luminosité, sa transparence », assure une visiteuse. Le coût total du chantier est estimé à 4 millions d’euros, dont 500 000 apportés par le Loto du patrimoine. Mais la ville de Souillac doit encore trouver de nouveaux donateurs. Elle lance un appel pour terminer ces travaux, qui redonneront toute sa splendeur à ce monument historique.