La chanson française produite à la chaîne par des intelligences artificielles commence à proliférer sur internet. Qu’est-ce que cela vaut ?
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Vous allez me dire que je n’ai pas l’habitude, dans cette chronique, de ne pas dire le nom des artistes. Mais il n’y a pas là d’artistes : il s’agit de créations par intelligence artificielle, que l’on trouve sans peine sur les plateformes internet. Ici, ce sont deux vidéos sur YouTube qui durent respectivement 1h30 et 3h03, sans nom d’artiste, juste une image fixe de jolie jeune femme dans un paysage typiquement parisien, avec un titre du genre « Chanson d’amour Paris années 60-70 ». Ce n’est pas très difficile à trouver, et je ne sais pas si quelqu’un prête attention aux textes.
Ces longues plages de chansons générées par intelligence artificielle ne sont pas destinées à être écoutées mais à être entendues – pour peu que quelqu’un en ait envie, pour faire un bruit de fond, une ambiance, une sorte d’ameublement sonore. Et puis c’est aussi, souvent, un moyen de générer des revenus : de la musique pas chère à fabriquer, et on fait tourner des machines qui l’écoutent et on touche un peu d’argent – je résume là ce que l’on appelle les faux streams – une plaie pour l’industrie musicale.
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