Des collégiens plongent dans lHistoire : 82 ans après le Débarquement, ils rencontrent des






L’ancien camp de déportation des Milles

L’ancien camp de déportation des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, a organisé une rencontre entre des collégiens et d’anciens enfants juifs cachés pendant l’Occupation.


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L'ancien camp de déportation des Milles à Aix-en-Provence le 23 décembre 2024 (MIGUEL MEDINA / AFP)
L’ancien camp de déportation des Milles à Aix-en-Provence le 23 décembre 2024 (MIGUEL MEDINA / AFP)

Comment continuer d’entretenir la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’on commémore le 82e anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944 ? Les témoins directs de cette période sont pour beaucoup centenaires et les entendre raconter leur vécu est de plus en plus rare. À Aix-en-Provence, la fondation de l’ancien camp de déportation des Milles a organisé une rencontre entre des classes de collégiens et une trentaine d’anciens enfants juifs cachés pour échapper aux nazis, des témoignages aussi poignants que précieux.

Ils sont une centaine de collégiens à écouter les récits de ces anciens enfants juifs cachés. Charles Lastmann, 90 ans, a la gorge nouée quand il parle de son père déporté. Il se souvient de l’annonce de sa mère : « Elle est arrivée et elle m’a dit : ‘Tu sais Charles, ils ont arrêté Papa.' » Charles Lastmann a été caché chez un couple de paysans, qu’il appelle encore aujourd’hui Pépé et Mémé. Hélène Waysenson, 90 ans, parle de son côté de cette assistante sociale qui a convaincu sa mère de l’abandonner pour la sauver. « Elle a dit à ma mère : ‘Écoutez Madame, avec quatre enfants vous n’en sortirez pas. Donnez-nous les deux petits.’ C’étaient mon frère et moi. J’avais cinq ans et demi. »

Les témoignages figent les collégiens, une élève pose une question. « Comment en tant qu’enfant vous viviez la guerre et comment vos parents vous ont expliqué ce qu’il se passait ? » « Par une trouille immense », répond l’un des témoins. « On a changé de nom et on nous éduquait, on nous disait : ‘Quand tu vas faire pipi, fais attention que personne regarde’ parce que nous les Juifs, on est circoncits, tout le monde le sait. Ça, dans la tête d’un enfant de six ans, je peux vous dire que ça remue. »

À la fin de la rencontre, Emma, 14 ans, est encore émue. « Ça m’a touchée, confie-t-elle. C’est toujours mieux d’entendre le récit de quelqu’un qui l’a vraiment vécu. »

« On ressent plus ses émotions qu’un professeur d’histoire qui ‘récite’ ce qu’il y a écrit dans le bouquin. »

Emma, collégienne

à franceinfo

« Malheureusement », poursuit la collégienne, l’antisémitisme continue encore aujourd’hui. » Et c’est bien pour ça qu’il faut raconter encore et encore. C’est ce dont Alain Chouraqui, président de la fondation du Camp des Milles, est convaincu. « Il y a une double urgence, dit-il. Il y a l’urgence de l’âge de ces survivants qui ont un minimum de 85-90 ans. Et il y a une urgence démocratique. Ce sont des personnes qui peuvent témoigner d’une démocratie qui vacille et qui ouvre la porte aux pires persécutions qui soient. »

En 1942, des enfants internés au Camp des Milles ont été déportés vers Auschwitz. Le plus jeune avait deux ans.



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