Grève SNCF du mercredi 10 juin : quelles seront les perturbations du trafic ?. Le titre ne doit






Grève SNCF : Appel à la mobilisation des syndicats

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à une grève prévue pour mercredi 10 juin. TGV, Intercités, trains régionaux… Les perturbations s’annoncent importantes sur l’ensemble du réseau ferroviaire français.

Une mobilisation inédite et déterminée

Les syndicats de la SNCF veulent faire entendre leur voix. Le 10 juin marquera la première grève depuis l’arrivée de Jean Castex à la tête du groupe. « C’est une grève unitaire de quatre fédérations, chose qui n’était pas arrivée depuis décembre 2024 », a déclaré Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, lors d’une conférence de presse. Les syndicats annoncent une grande journée d’action, avec de fortes perturbations du trafic, qui constituera un premier test social pour la nouvelle direction de l’entreprise.

Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud-Rail, a affirmé, « On peut affirmer que ça va être une grève qui va être très suivie », promettant un « processus revendicatif offensif ». Il prévoit que « les salariés des trois filiales de la SNCF seront massivement en grève », tandis que Thierry Nier s’attend également à un « pourcentage de grévistes important », synonyme d’une forte mobilisation des cheminots.

Un TGV sur trois annulé et un Intercités sur deux

Selon les premières prévisions de trafic communiquées par la SNCF, le trafic s’annonce fortement perturbé. En moyenne, un TGV (Inoui, Ouigo et Lyria) sur trois sera annulé. « Tous les clients sont recontactés en cas d’annulation de leur train et bénéficient d’un remboursement ou d’une possibilité de report sur un autre train. Grâce aux places restantes disponibles, l’ensemble des clients devrait pouvoir voyager dans la journée », promet la SNCF.

Côté Intercités, un train sur deux sera également annulé, que ce soit de jour ou de nuit. « Tous les clients Intercités sont recontactés en cas d’annulation de leur train et bénéficient d’un remboursement ou d’un échange sans frais », précise la compagnie. Le trafic régional sera, quant à lui, « fortement perturbé », notamment en Île-de-France « sur la plupart des lignes », conseille SNCF Voyageurs, qui recommande aux voyageurs, si possible, de « reporter leur déplacement en train ». Des prévisions plus détaillées seront diffusées mardi.

Le choix de la date de cette grève n’est pas anodin. « Ce n’est ni Noël, ni un dimanche, ni un jour férié. C’est aussi en dehors des jours d’examens du bac. C’est un choix conscient qui a été fait », a expliqué Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, soulignant une approche visant à se faire entendre tout en ne pénalisant pas excessivement les usagers.

Face à cette mobilisation, la SNCF anticipe et prépare son dispositif de crise. « Il est encore un peu tôt pour mesurer les impacts, le plan de transport devant être annoncé dans l’après-midi », indique la direction. Comme lors des dernières grèves, l’entreprise prévoit de mobiliser des cadres volontaires pour limiter les perturbations. « L’objectif est de limiter autant que possible l’impact pour les voyageurs, qu’ils soient du quotidien ou de longue distance », précise la SNCF, tout en reconnaissant des limites : « La SNCF n’a toutefois pas les moyens de compenser de manière exhaustive l’ensemble des absences ».

Revendiquer de meilleures conditions de travail

Pour les syndicats, cette grève est l’occasion de faire valoir leurs revendications. Ils exigent notamment le rétablissement d’une véritable unité sociale au sein de la compagnie, mise à mal selon eux par l’arrêt des recrutements au statut depuis 2020. Les syndicats souhaitent aussi mettre fin à des réorganisations qui perturbent le quotidien et les conditions de travail.

La question des salaires demeure cruciale, avec des demandes d’augmentations plus justes et durables face à l’inflation. La direction de la SNCF affirme que les salaires actuels se situent « entre 1 et 1,5 point au-dessus » de l’inflation. La CGT signale une hausse des accidents du travail de 15,9 % entre 2024 et 2025, ainsi qu’une augmentation de 40 % des « arrêts maladie liés à la santé mentale », en plus des « 13 suicides depuis le début de l’année ». Fabrice Charrière évoque une « souffrance à tous les niveaux de l’entreprise ».

Les syndicats sont formels : « S’il n’y a pas de réponse, il y aura des suites », prévient Julien Troccaz. Il attire l’attention sur le risque que la direction « ne joue la carte du pourrissement ». Une réunion intersyndicale est programmée pour le 11 juin, et une rencontre avec Jean Castex est prévue le 23 juin, mais les syndicats exigent qu’elle soit avancée. « C’est le moment des actes », conclut Julien Troccaz.



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