Le président de la République avait appelé au calme après des rassemblements en réaction à l’affaire Lyhanna. « Quand on fait de la politique, il faut être à l’écoute de la société », estime Yaël Braun-Pivet, dimanche sur Franceinfo.
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« Je n’aime pas cette formulation parce qu’on a le droit d’être en colère », réagit dimanche 14 juin sur France Inter et Franceinfo TV Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale aux propos d’Emmanuel Macron. « On ne répond pas à un drame par des cris », avait estimé le président de la République mercredi, en Conseil des ministres, après les nombreux rassemblements partout en France en réaction à l’affaire Lyhanna. Emmanuel Macron avait reconnu tout de même des « dysfonctionnements manifestes » après la mort de Lyhanna, 11 ans.
« Quand on fait de la politique, il faut être à l’écoute de la société, poursuit la présidente de l’Assemblée nationale. Malheureusement les citoyens dans notre pays doivent parfois élever la voix pour se faire entendre ». « Il y a quatre ans déjà, j’ai appelé à un « MeToo des enfants ». Eh bien, je n’ai peut-être pas crié assez fort », déplore Yaël Braun-Pivet.
@YaelBRAUNPIVET « n’aime pas » la formulation d’Emmanuel Macron (« On ne répond pas à un drame par des cris ») après les rassemblements en France en réaction à l’affaire Lyhanna. “On a le droit d’être en colère, parfois il faut élever la voix”, dit-elle. » #QuestionsPol
Plus de 60 000 personnes ont manifesté lundi dernier en France pour exprimer leur colère après le meurtre de la collégienne de 11 ans, Lyhanna, pour lequel un homme visé par plusieurs plaintes pour viol est mis en cause. La manifestation devant le ministère de la Justice avait été interdite par la préfecture de police qui avait proposé aux organisateurs un autre lieu, à savoir la place Lépine, devant la cour d’appel de Paris. Il y a eu au final deux rassemblements à Paris – un place Vendôme et un place Lépine – qui ont réuni au total 2 900 personnes, selon la préfecture de police.
La présidente de l’Assemblée nationale renouvelle aussi son soutien à une « loi intégrale », texte transpartisan contre toutes les violences sexuelles et sexistes, pour qu’il soit inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale en juillet ou en septembre. Il ne faut « ni lésiner », « ni tarder sur les moyens pour protéger les enfants », plaide-t-elle.
Sébastien Lecornu, le Premier ministre, doit recevoir lundi à 16h la députée socialiste Céline Thiébault-Martine et une délégation de députés, à l’origine du texte. « À l’issue de cette réunion, j’attends qu’on aligne les planètes sur les prochaines étapes », demande Yaël Braun-Pivet qui soutient l’examen de ce texte cadre « le plus rapidement possible ».
La coalition à l’origine de la proposition de loi dite intégrale a chiffré l’investissement annuel nécessaire à 2,7 milliards d’euros. « C’est un devoir moral », rétorque la présidente de l’Assemblée. « Le coût pour une société entière de ces vies fracturées, il est de combien ? Pour les parents ? Pour les 160 000 enfants violés tous les ans ? Et celui de ces enfants de l’Aide sociale à l’enfance qu’on a laissé tomber ? » , interroge-t-elle avant de conclure : « Ce n’est pas une question d’argent. » En 2023, la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) avait évalué le coût pour l’État des seules violences sexuelles faites aux enfants à près de 10 milliards d’euros par an.