Ce mercredi matin, Bruno Le Maire a dénoncé les « lourdeurs » européennes et a alerté sur le risque que l’Europe décroche face aux États-Unis et à la Chine.
Pour Bruno Le Maire, l’Europe est en train de « torpiller » ses propres technologies. Invité sur BFM TV le 20 mai, l’ancien ministre de l’Économie a sonné l’alarme concernant les risques économiques, industriels et technologiques qui menacent la France et l’Union européenne, surtout dans un contexte de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz.
« Nous faisons tout pour torpiller les technologies françaises et européennes, en ne prenant pas les risques nécessaires », a-t-il déclaré, reprenant presque mot pour mot les critiques formulées quelques jours plus tôt par Arthur Mensch. Le directeur de Mistral AI a dénoncé, lors d’une commission d’enquête parlementaire le 12 mai, les « lourdeurs » réglementaires européennes et un marché fragmenté, qui freinent l’émergence d’acteurs technologiques européens capables de rivaliser avec les géants américains et chinois.
Bruno Le Maire a expliqué que « le modèle dans lequel nous vivions est fini » et a appelé à une « véritable révolution idéologique » en Europe. Selon lui, l’Union européenne doit désormais « jouer avec les mêmes règles que les Américains et les Chinois », en assurant notamment une « vraie préférence européenne » dans les marchés publics et en utilisant davantage le levier industriel. Il a également plaidé pour une augmentation de la dette commune afin de financer les investissements stratégiques européens.
Une colonie numérique
L’ancien ministre de l’Économie s’inquiète que l’Europe devienne « une colonie numérique des États-Unis et de la Chine » face aux géants de la tech et aux puissances autoritaires. Ce constat rejoint les critiques d’Arthur Mensch, qui avait dénoncé un certain « colonialisme » économique et numérique américain.
Bruno Le Maire a également mis en garde contre le « risque de choc économique et financier majeur » si la crise autour du détroit d’Ormuz se prolonge. Selon lui, un blocage du pétrole pourrait entraîner une augmentation durable des prix de l’énergie et de l’alimentation, avec des risques de « crise alimentaire » et de fortes turbulences économiques dans les mois à venir. Il a évoqué un « risque industriel », citant les entreprises qui « meurent des décisions européennes ».
Interrogé sur son bilan à Bercy, Bruno Le Maire a défendu la politique économique menée entre 2017 et 2024, affirmant qu’elle avait permis la création de 2.500.000 emplois et que la France était devenue « un pays qui fait rêver les investisseurs ». « Cette politique a été abandonnée », a-t-il regretté, tout en appelant à une refondation du pays sur les plans « éducatif, sanitaire, économique et politique ».