Ladministration la regardé dépérir semaine après semaine : la famille dun détenu mort en




Décès de Théo Sahna : La famille porte plainte contre l’État

La famille de Théo Sahna souhaite faire condamner l’État, après la mort du jeune homme de 28 ans. Il avait été écroué en décembre 2021 dans la prison de Fresnes, avant de mourir un mois plus tard.

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Au sein de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 15 mai 2025. Photo d'illustration. (THOMAS SAMSON / AFP)
Au sein de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 15 mai 2025. Photo d’illustration. (THOMAS SAMSON / AFP)

La famille d’un détenu mort dans sa cellule a saisi cette semaine le tribunal administratif de Melun, rapporte franceinfo. Elle souhaite faire condamner l’État après la mort en janvier 2022 de Théo Sahna, 28 ans, un mois après son incarcération dans la prison de Fresnes.

La Contrôleur général des lieux de privation de liberté publie jeudi 28 mai son rapport annuel d’activité pour l’année 2025. L’institution alerte cette année encore sur la dégradation des conditions de détention et la vétusté de certaines prisons face à la surpopulation carcérale explosive.

La famille de Théo Sahna accuse l’État et l’administration pénitentiaire de « négligence ». Selon elle, ce sont les conditions de détention qui ont conduit à la mort du jeune homme. L’autopsie a écarté l’hypothèse d’un suicide et la famille accuse l’État d’avoir laissé sombrer le détenu, malgré ses troubles psychiques sévères.

« Il refusait de manger, il vivait tout nu en plein mois de décembre, fenêtres ouvertes dans sa cellule. Il faisait des bruits d’animaux quasiment H24 », décrit son frère, David Sahna, qui ajoute : « Pour nous, l’administration l’a regardé dépérir semaine après semaine et ça, ce n’est pas normal. »

Lors de son incarcération, le psychiatre qui l’avait examiné a conclu à « des troubles factices pour obtenir une sortie de détention ». Une conclusion qui interroge son frère : « À quel moment on simule la folie jusqu’à en mourir ? »

Pour l’avocat de la famille, Antoine Ory, « l’administration pénitentiaire savait qu’il dormait dans son urine, et qu’il poussait des cris de bêtes toute la nuit. Et pour autant, l’administration n’a pas agi ». Dans son rapport rendu en mars 2022, l’inspection générale de la justice avait aussi conclu à une succession de négligences aboutissant à l’abandon du détenu.

Contactée, l’administration pénitentiaire n’a pas souhaité réagir. Une information judiciaire sur les circonstances de cette mort est toujours en cours.


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