Le 9 mai 2026, l’hantavirus, récemment découvert sur un navire de croisières, est au centre d’une surveillance accrue en Europe. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé six cas, incitant les autorités à procéder à des analyses des passagers français à l’Institut Pasteur pour déterminer leur prise en charge.
Les prélèvements sanguins de cinq passagers français seront analysés à l’Institut Pasteur à Paris. En cas de résultats positifs, ces individus seront hospitalisés et placés en isolement dans des chambres dotées de sas d’entrée et de sortie pour éviter toute contamination. Les passagers négatifs devraient pouvoir rentrer chez eux, mais ils feront l’objet de restrictions pendant six semaines. Un dispositif similaire est mis en place aux Pays-Bas, tandis qu’au Royaume-Uni, les passagers seront isolés pendant 72 heures dans un hôpital. Les mesures les plus strictes viennent d’Espagne, où tous les ressortissants seront hospitalisés et soumis à des tests tous les sept jours.
Concernant le virus lui-même, il s’agit de la souche des Andes, identifiée sur le navire. Ce virus est présent notamment en Argentine et au Chili, et il se transmet par les excréments des rongeurs. La contamination peut également se produire entre humains, avec une période d’incubation pouvant aller jusqu’à huit semaines.
« C’est un virus dont on ne connaît pas tout. Le Covid nous a appris la prudence. Donc, je pense qu’il faut rester prudent, vigilant et surveiller les événements au fur et à mesure », indique Nathan Peiffer-Smadja, du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital Bichat.
Récemment arrivé en Espagne, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a voulu rassurer le public : « Ce n’est pas un nouveau Covid. Le risque actuel pour la santé publique lié à cet antivirus reste faible. »
Actuellement, aucun vaccin n’existe encore contre ce virus, qui a enregistré très peu de cas dans le monde. Cependant, le laboratoire Moderna a confirmé avoir déjà commencé des recherches avant même la découverte de ce cluster. « La fabrication du vaccin peut être relativement rapide, comme on l’a vu pour le Covid. Ensuite, il faut tester ce vaccin dans des études cliniques, et cela risque de prendre un peu plus de temps car, heureusement, il n’y a pas beaucoup de cas dans le monde sur lesquels on pourrait les traiter. Mais l’urgence est bien moindre que ce qu’on a connu pour le Covid », explique le professeur Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. Selon les derniers bilans de l’Organisation mondiale de la santé, seuls six cas d’hantavirus ont été confirmés, et trois personnes sont décédées.